Sécurité informatique: Le ministère de la Télécommunication d’Alger hacké par un étudiant

Un pirate qui a réussi à infiltrer la base de données du Ministère algérien des Technologies de la Poste, de l’Information et de la Communication a été arrêté.

Sécurité informatique Le ministère de la Télécommunication d'Alger hacké par un étudiant

TA, le hacker du Ministère est arrêté

Le 27 juillet 2016, la Section d’investigations d’Alger a interpellé celui qui se faisait appeler TA. Ce jeune homme de 28 ans, ingénieur en informatique, a été reconnu comme l’auteur du piratage de la base de données du Ministère de la communication, des postes et des TIC du pays. Cette arrestation a été opérée suite à une plainte contre X déposée par cette entité.

Pour en venir à bout de ce hacking,  l’individu avait introduit le programme malveillant, créé par ses soins, dans le système de traitement des données du ministère du TIC. Alerté par cette attaque, l’Etat d’Alger a mobilisé l’institut national de criminalistiques de Bouchoui, le centre de prévention anti-piratage informatique de l’unité de la gendarmerie de Bir Mourais, ainsi que le bureau des investigations du pays. Après avoir retracé l’ordinateur utilisé pour infiltrer le système, ils ont pu interpeller le coupable. D’après la Gendarmerie, l’homme n’en est pas à son premier hacking. Il a déjà piraté plusieurs institutions publiques, comme le Centre de recherche et d’études en informatique ou encore le département électronique de l’Université des Sciences et Technologie de BOUMEDIENE USTHB.

L’Affaire est maintenant transférée au juge d’instruction de la cinquième chambre après être passée devant le tribunal de Sidi M’Hamed et son procureur. En attendant son jugement, le cybercriminel est placé au centre de détention pénitentiaire d’El Harrach.

Hackings : dans quel but ?

Le consultant en TIC Grar Younes suppose que les actes de piratage informatique actuels sont motivés par de nombreux facteurs. Dans la majorité des cas, ils sont menés par des jeunes diplômés en quête de défi. C’est ce qu’on constate sur le hacking des entreprises et institutions publiques, comme le TIC. Parfois aussi, ils constituent un acte de vengeance d’un employé mécontent de son entreprise. Ils sont aussi opérés dans le cadre d’un espionnage industriel BtoB. Pour les piratages d’envergure, bilatéraux, l’objectif est souvent de connaitre les positions politiques d’un pays à travers l’infiltration d’une de ses institutions. C’est ce que le Ministère des Affaires étrangères a subi dernièrement, d’après Younes G.

Un renforcement de sécurité informatique s’impose

Suite à cet incident, le Premier Ministre Sellal Abdelmalek a incité les ministères ainsi que tous les organismes publics ou privés du pays à penser à des  solutions anti cybercriminalité. A ce titre, il a même encouragé ces dernières à se conformer au référentiel de sécurité informatique, mis en place.

Bien que cette décision dénote la volonté du pays à combattre la cybercriminalité, Grar suppose qu’elle reste insuffisante. D’après lui, pour instaurer un niveau de protection de données acceptable, il est nécessaire d’instaurer un organisme de sécurité informatique qui serait placé sous tutelle de la Primature. Celui-ci sera en charge d’harmoniser les pratiques entre les différents acteurs du pays. Ainsi, il va mettre en place une stratégie s’étalant sur trois volets : premièrement l’adoption d’une solution antivirus fiable pour garantir la sécurité du réseau. Deuxièmement, l’actualisation de textes relatifs à la protection des données et troisièmement, la formation des intervenants en  sécurité informatique de tout le pays. Ces suggestions sont même déjà inscrites dans le texte e-Algérie depuis 2013.

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