Bruxelles projette un grand cloud européen

L’idée ressort de l’annonce d’initiatives de la Commission européenne pour accélérer la « numérisation » de l’industrie de ses pays membres.

 

Une initiative déjà sur de grands pas

Le projet porte le nom de #DigitiseUE (« numériser l’Union »). Le logo, les infographies, des hashtags et des slogans ont déjà été adoptés. Le principe a été énoncé par AndrusAnsip, le vice-président de la Commission pour le marché unique du numérique : « La révolution industrielle de notre époque est numérique». Le budget annoncé s’élève à 50 milliards d’euros d’investissements. Les 7 milliards sont une contribution de l’Union européenne et plus de 22 milliards issus des industriels du secteur privé, et le reste provient de l’apport des Etats membres, par le biais de différents programmes nationaux ou régionaux.

 

Les objectifs du projet 

#DigitiseUE a pour objectif de coordonner les différentes initiatives nationales ou régionales du passage au numérique. Il veut également mettre sur pied un réseau paneuropéen de «  hubs  » d’innovation, des «  centres d’excellence  » technologiques, dans lesquels 500 millions d’euros seront injectés. Par ailleurs, la Commission envisage de lancer de grands projets pilotes dans l’Internet des objets, la smart city, la voiture connectée ou encore les services de santé sur mobile. En Outre, elle veut faire voter des lois adaptées au futur sur les bases de données, «  le carburant de l’économie numérique  », en promouvant leur libre circulation. Enfin, la mise en place d’un plan sur la formation et les compétences nécessaires à l’ère numérique ainsi que la création d’un méga cloud européen scientifique accessible à tous constituent les derniers objectifs du projet.

 

Le contour du projet reste nébuleux

Au stade actuel, les détails de ce «  nuage informatique européen » restent flous. Sa perspective globale est de mettre à disposition des 1,7 million de chercheurs européens et 70 millions de professionnels des sciences et des technologies un environnement virtuel de qualité et ouvert pour stocker, partager et réutiliser des données provenant de recherche. On parle d’un « gros data center européen », de l’exploitation d’infrastructures existantes et d’autres à venir, par des appels à manifestation. Théoriquement cela rappelle le concept de cloud souverain à la française, dans lequel le gouvernement a investi 150 millions d’euros et qui fut un échec. La France, elle, a rejeté depuis trois ans l’idée d’un grand projet européen de cloud et de big data.

 

Günter Oettinger, commissaire européen à l’économie d’énergie, explique que :«  L’initiative de Cloud européen va libérer la valeur du big data en fournissant des capacités de supercalculateur, de connectivité à très haut débit, de services de logiciels et de données de pointe à la science, l’industrie et au secteur public. Avec cette initiative, notre ambition est de se hisser dans le top trois du calcul à haute performance d’ici à 2020. »

 

Ce cloud sera-t-il réellement «  européen  » ? Les données se trouveront-elles obligatoirement en Europe ? Des techniciens de la Commission indiquent que oui :« L’objectif est de développer des capacités de stockage, de transfert et d’analyse des données en Europe. Cependant, il sera possible d’héberger des données hors d’Europe, si l’un des partenaires du projet est par exemple américain. »

 

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